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L'île mystérieuse

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The Project Gutenberg eBook of L'île mystérieuse
 
This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and
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before using this eBook.

Title: L'île mystérieuse

Author: Jules Verne

 
Release date: December 7, 2004 [eBook #14287]
 Most recently updated: October 28, 2024

Language: French

Other information and formats: www.gutenberg.org/ebooks/14287

*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ÎLE MYSTÉRIEUSE ***

Jules Verne

L'ÎLE MYSTÉRIEUSE

(1875)

 Table des matières

 PARTIE 1 LES NAUFRAGÉS DE L'AIR

 CHAPITRE I
 CHAPITRE II
 CHAPITRE III
 CHAPITRE IV
 CHAPITRE V
 CHAPITRE VI
 CHAPITRE VII
 CHAPITRE VIII
 CHAPITRE IX
 CHAPITRE X
 CHAPITRE XI
 CHAPITRE XII
 CHAPITRE XIII
 CHAPITRE XIV
 CHAPITRE XV
 CHAPITRE XVI
 CHAPITRE XVII
 CHAPITRE XVIII
 CHAPITRE XIX
 CHAPITRE XX
 CHAPITRE XXI
 CHAPITRE XXII

 PARTIE 2 L'ABANDONNÉ

 CHAPITRE I
 CHAPITRE II
 CHAPITRE III
 CHAPITRE IV
 CHAPITRE V
 CHAPITRE VI
 CHAPITRE VII
 CHAPITRE VIII
 CHAPITRE IX
 CHAPITRE X
 CHAPITRE XI
 CHAPITRE XII
 CHAPITRE XIII
 CHAPITRE XIV
 CHAPITRE XV
 CHAPITRE XVI
 CHAPITRE XVII
 CHAPITRE XVIII
 CHAPITRE XIX
 CHAPITRE XX
 PARTIE 3 LE SECRET DE L'ÎLE
 CHAPITRE I
 CHAPITRE II
 CHAPITRE III
 CHAPITRE IV
 CHAPITRE V
 CHAPITRE VI
 CHAPITRE VIII
 CHAPITRE VIII
 CHAPITRE IX
 CHAPITRE X
 CHAPITRE XI
 CHAPITRE XII
 CHAPITRE XIII
 CHAPITRE XIV
 CHAPITRE XV
 CHAPITRE XVI
 CHAPITRE XVII
 CHAPITRE XVIII
 CHAPITRE XIX
 CHAPITRE XX

PARTIE 1

LES NAUFRAGÉS DE L'AIR

CHAPITRE I

«Remontons-nous?

-- Non! Au contraire! Nous descendons!

-- Pis que cela, monsieur Cyrus! Nous tombons!

-- Pour Dieu! Jetez du lest!

-- Voilà le dernier sac vidé!

-- Le ballon se relève-t-il?

-- Non!

-- J'entends comme un clapotement de vagues!

-- La mer est sous la nacelle!

-- Elle ne doit pas être à cinq cents pieds de nous!»

Alors une voix puissante déchira l'air, et ces mots retentirent:

«Dehors tout ce qui pèse!... tout! et à la grâce de Dieu!»

Telles sont les paroles qui éclataient en l'air, au-dessus de ce
vaste désert d'eau du Pacifique, vers quatre heures du soir, dans
la journée du 23 mars 1865.

Personne n'a sans doute oublié le terrible coup de vent de nord-
est qui se déchaîna au milieu de l'équinoxe de cette année, et
pendant lequel le baromètre tomba à sept cent dix millimètres. Ce
fut un ouragan, sans intermittence, qui dura du 18 au 26 mars. Les
ravages qu'il produisit furent immenses en Amérique, en Europe, en
Asie, sur une zone large de dix-huit cents milles, qui se
dessinait obliquement à l'équateur, depuis le trente-cinquième
parallèle nord jusqu'au quarantième parallèle sud!

Villes renversées, forêts déracinées, rivages dévastés par des
montagnes d'eau qui se précipitaient comme des mascarets, navires
jetés à la côte, que les relevés du Bureau-Veritas chiffrèrent par
centaines, territoires entiers nivelés par des trombes qui
broyaient tout sur leur passage, plusieurs milliers de personnes
écrasées sur terre ou englouties en mer: tels furent les
témoignages de sa fureur, qui furent laissés après lui par ce
formidable ouragan. Il dépassait en désastres ceux qui ravagèrent
si épouvantablement la Havane et la Guadeloupe, l'un le 25 octobre
1810, l'autre le 26 juillet 1825.

Or, au moment même où tant de catastrophes s'accomplissaient sur
terre et sur mer, un drame, non moins saisissant, se jouait dans
les airs bouleversés. En effet, un ballon, porté comme une boule
au sommet d'une trombe, et pris dans le mouvement giratoire de la
colonne d'air, parcourait l'espace avec une vitesse de quatre-
vingt-dix milles à l'heure, en tournant sur lui-même, comme s'il
eût été saisi par quelque maelström aérien. Au-dessous de
l'appendice inférieur de ce ballon oscillait une nacelle, qui
contenait cinq passagers, à peine visibles au milieu de ces
épaisses vapeurs, mêlées d'eau pulvérisée, qui traînaient jusqu'à
la surface de l'Océan.

D'où venait cet aérostat, véritable jouet de l'effroyable tempête?
De quel point du monde s'était-il élancé? Il n'avait évidemment
pas pu partir pendant l'ouragan. Or, l'ouragan durait depuis cinq
jours déjà, et ses premiers symptômes s'étaient manifestés le 18.
On eût donc été fondé à croire que ce ballon venait de très loin,
car il n'avait pas dû franchir moins de deux mille milles par
vingt-quatre heures? en tout cas, les passagers n'avaient pu avoir
à leur disposition aucun moyen d'estimer la route parcourue depuis
leur départ, car tout point de repère leur manquait. Il devait
même se produire ce fait curieux, qu'emportés au milieu des
violences de la tempête, ils ne les subissaient pas. Ils se
déplaçaient, ils tournaient sur eux-mêmes sans rien ressentir de
cette rotation, ni de leur déplacement dans le sens horizontal.
Leurs yeux ne pouvaient percer l'épais brouillard qui s'amoncelait
sous la nacelle. Autour d'eux, tout était brume. Telle était même
l'opacité des nuages, qu'ils n'auraient pu dire s'il faisait jour
ou nuit. Aucun reflet de lumière, aucun bruit des terres habitées,
aucun mugissement de l'Océan n'avaient dû parvenir jusqu'à eux
dans cette immensité obscure, tant qu'ils s'étaient tenus dans les
hautes zones. Leur rapide descente avait seule pu leur donner
connaissance des dangers qu'ils couraient au-dessus des flots.

Cependant, le ballon, délesté de lourds objets, tels que
munitions, armes, provisions, s'était relevé dans les couches
supérieures de l'atmosphère, à une hauteur de quatre mille cinq
cents pieds. Les passagers, après avoir reconnu que la mer était
sous la nacelle, trouvant les dangers moins redoutables en haut
qu'en bas, n'avaient pas hésité à jeter par-dessus le bord les
objets même les plus utiles, et ils cherchaient à ne plus rien
perdre de ce fluide, de cette âme de leur appareil, qui les
soutenait au-dessus de l'abîme.

La nuit se passa au milieu d'inquiétudes qui auraient été
mortelles pour des âmes moins énergiques. Puis le jour reparut,
et, avec le jour, l'ouragan marqua une tendance à se modérer. Dès
le début de cette journée du 24 mars, il y eut quelques symptômes
d'apaisement. À l'aube, les nuages, plus vésiculaires, étaient
remontés dans les hauteurs du ciel. En quelques heures, la trombe
s'évasa et se rompit. Le vent, de l'état d'ouragan, passa au
«grand frais», c'est-à-dire que la vitesse de translation des
couches atmosphériques diminua de moitié. C'était encore ce que
les marins appellent «une brise à trois ris», mais l'amélioration
dans le trouble des éléments n'en fut pas moins considérable.

Vers onze heures, la parti

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